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06 janvier 2007

ALAIN

Toute cruche , comme dit le sage, a deux anses et de même tout événement a deux aspects, toujours accablants si l’on veut, toujours réconfortant si l’on veut ; et l’effort qu’on fait pour être heureux n’est jamais perdu.

L’événement a tué le drame .Ceux qui sont morts n’ont rien senti….Mais, dans l’imagination des survivants, les morts ne cessent jamais de mourir.

L’homme est courageux ; non pas à l’occasion, mais essentiellement.

Agir c’est oser. Penser c’est oser...

Et la vrais cause de la guerre est certainement l’ennui d’un petit nombre, qui voudrait des risques bien clairs, et même cherchés et définis, comme aux cartes. Et ce n’est point par hasard que ceux qui travaillent de leurs mains sont pacifiques. Je crois qu’il n’y a pas autre chose dans la peur qu’une agitation sans résultat, et que la méditation augmente toujours la peur.

Les coutumes de politesse sont bien puissantes sur nos pensées ; et ce n’est pas un petit secours contre l’humeur et même contre le mal d’estomac si l’on mime la douceur, la bienveillance et la joie.

"Baisse la tête, fier Sicambre " on ne lui demande point de se guérir de colère et d’orgueil mais d’abord de se taire, de reposer ses yeux, et de se disposer selon la douceur.

Comment expliquer qu’un pianiste, qui croit mourir de peur en entrent sur la scène, soit immédiatement guéri dès qu’il joue ? ...Chose remarquable et trop peu remarquée, ce n’est point la passion qui nous délivre des passions, mais c’est plutôt l’action qui nous délivre.

Il faut qu’une main soit ouverte ou fermée. Si vous ouvrez la main, vous laissez échapper toutes les pensées irritantes que vous teniez dans votre poing fermé.et vous haussez seulement les épaules, il faut que les soucis s’envolent , que vous serriez dans la cage thoracique.

Ce n’est pas parce que j’ai réussi que je suis content ; mais c’est parce que j’étais content que j’ai réussi. Et si vous allez quêter la joie , faites d’abord provision de joie. Remerciez avant d’avoir reçu.

Ainsi les vocations résultent de la nature et des circonstances. C’est pourquoi ceux qui délibèrent ne décident jamais.

Nous n'avons aucune puissance sur les passions tant que nous n'en connaissons pas les vraies causes.

La faute...c'est de mettre sa pensée au service des passions, et de se jeter dans la peur ou dans la colère avec une espèce d'enthousiasme farouche.

L'effort qu'on fait pour être heureux n'est jamais perdu.

Il y a plus de volonté qu'on ne croit dans le bonheur.

N'est-il pas mieux de dire que les globules manquent, au lieu de se dire que les vrais amis manquent?

vous avez le malheur d'être intelligent, de trop penser à vous et de vouloir comprendre pourquoi vous êtes tantôt joyeux, tantôt triste. Et vous vous irritez contre vous-même,parce que votre joie et votre tristesse s'expliquent mal par les motifs que vous connaissez.

C'est un grand art quelquefois de vouloir ce que l'on est assuré d'avoir.

...toutes les flèches sont lancées par vous et reviennent sur vous: c'est vous qui êtes votre propre ennemi .

Ma passion c'est moi; et c'est plus fort que moi.Je crois que c'est la force des passions et de l'esclavage intérieur qui ont conduit les hommes à l'idée d'un poouvoir occulte et d'un mauvais sort jeté par un mot ou par un regard.Faute de pouvoir se juger malade, le passionné se juge maudit; et cette idée lui fournit des développements sans fin pour se torturer lui-même.

comme ils espéraient la mort au lieu de la craindre,ils vivaient trés longtemps. le mouvements de la crainte vont naturellement aggraver le mal. nous n'avons pas toujours assez de force pour supporter les maux d'autrui.

Un fait a cela de bon, si mauvais qu'il soit, qu'il met fin au jeu des possibles, qu'il n'est plus à venir et qu'il montre un avenir nouveau avec des couleurs nouvelles.

C'est le malheur de cet instant qui va porter l'instant suivant.

Sourire, hausser les épaules, sont des manoeuvres contre les soucis.

Il n'y a au monde que le danger réel qui guérisse de la peur.

Les coutumes de politesse sont bien puissantes sur nos pensées...elles rendent impossibles les mouvements opposés,de fureur, de défiance, de tristesse...

La volonté n'a aucune prise sur la passion,mais a prise directe sur les mouvements.

Si vous allez quêter la joie, faites d'abord provision de joie.remerciez avant d'avoir reçu. Car l'espérance fait naître les raisons d'espérer...

Même sans sorcier, nous nous jetons une espèce de sort à nous-même disant ;je suis ainsi je n'y peux rien.

Nos fautes périssent avant nous, ne les gardons point en momies.

Le plus petit effort entraîne des suites sans fin.

La société de donne rien à celui que ne demande rien, j'entends avec constance et suite.

Espérer ce n'est pas vouloir.

Comme on vit mal avec ceux que l'on connaît trop...on est trop sûr de l'attention de 'affection et du pardon; on s'est trop bien fait connaître pour se montrer en beau.. de là une aigreur de ton et une vivacité de gestes qui étonnent dans les familles les plus unies. Comme on vit bien avec ceux qu'on ne connait pas trop...on se montre à son avantage...on attend rien d'un inconnu, on est tout content du peu qu'il donne. La politesse est pour les indifférents et l'humeur bonne ou mauvaise est pour ceux que l'on aime bien. ..plus les sentiments sont sincères et précieux plus ils ont besoin de politesse.

Mieux on rempli sa vie moins on craint de le perdre. Il faut apprendre à être heureux. ...celui qui parcourt le monde à toute vitesse n'est guère plus riche de souvenirs à la fin qu'au commencement. Nous n'avons que le présent à supporter.Ni le passé ni l'avenir ne peuvent nous accabler puisque l'un n'existe plus et que l'autre n'existe pas encore. Les évènements ne sont jamais ceux que nous attendions, et quand à ta peine présente,justement parce qu'elle est très vive,tu peux être sûr qu'elle diminuera. Cette tristesse qui naît de la contemplation du passé ne sert à rien et est même très nuisible, parce qu'elle nous fait réfléchir et chercher vainement.Spinoza dit que le repentir est une deuxième faute. On ne donne aux gents que l'espoir que l'on a.

Je tiens qu'un des secrets du bonheur, c'est d'être indifférent à sa propre humeur. Nous avons appris à parler avant d'apprendre à penser. C'est peu de prendre les êtres comme ils sont...mais les vouloir comme ils sont; voilà l'amour vrai.

«La vertu d'un homme ressemble bien plus à ses propres vices qu'à la vertu du voisin.»

«Refuser en donnant des raisons, ce n’est pas refuser.»

«Une idée que j'ai, il faut que je la nie ; c'est ma manière de l'essayer.»

«Il est bien vrai que nous devons penser au bonheur d’autrui ; mais on ne dit pas assez que ce que nous pouvons faire de mieux pour ceux qui nous aiment, c’est encore d’être heureux.»

«La morale commence là où s'arrête la police.»

«Les temps sont courts à celui qui pense, et interminables à celui qui désire.»

«Réfléchir, c'est nier ce que l'on croit.»

«Il suffit de se croire esclave pour l'être en effet.»

«Ce qui est difficile, c'est de n'être jamais dupe, et cependant de tout croire de l'homme.»

«L'erreur est facile à tous ; plus facile peut-être à celui qui croit savoir beaucoup.»

«Ce qu’on veut faire, c’est en faisant qu’on le découvre.»

«Qui est mécontent des autres est toujours mécontent de soi.»

«Un homme savant a compris un certain nombre de vérités. un homme cultivé a compris une certain nombre d’erreurs. Et voilà toute la différence entre l'esprit droit et l'esprit juste.»

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